Publie par un journaliste Français, j’ai lu cette biographie sur Salinger
Cet écrivain représente une forme d’enigme, car il a cessé de publier ses textes tout en poursuivant un travail d’ecriTure intense.
Mon avis sur cette lecture
Depuis la sortie de cette biographie, je tournais autour, il faut dire qu’écrire une biographie sur Salinger, l’écrivain le plus connu pour avoir fui toute promotion, je craignais qu’il y ait peu de matière à ajouter. j’etais curieuse du contenu.
Comme beaucoup de lecteurs, j’ai découvert Salinger grâce à The Catch In thé Rye, puis par la suite ses nouvelles, très construites, très prenantes. Pour moi, ce roman marquait deux époques dans la vie de Salinger il y a un avant et un après The Catcher In The Rye
J’ai dévoré cette biographie, j’avais connaissance de pas mal d’événements de la vie de Salinger, sa relation amoureuse avec Oona O Neel, sa participation au débarquement de Normandie, son succès énorme qu’est Thé Catcher In The Rye, son attirance pour les femmes plus jeunes que lui, sa volonté de ne plus rendre ses écrits à la publication, son aversion profonde pour les médias, et son souci permanent de cultiver l’énigme ou tout simplement se retirer du monde. Lors d’une rare interview, il confie que Tout est écrit dans son roman, qu’il n’y a rien de plus. Je pense qu’il y’a une part de vérité dans ce propos, dont l’auteur Denis Demonpion s’est inspiré. Il n’a pas fait dans le sensationnel, j’ai trouvé particulièrement bien écrite toute la partie avant 1951, l’enfance de Salinger et sa formation d’écrivain, jusqu,à son engagement dans la Grande Guerre, dans les services du renseignement.
L’auteur a puisé dans deux sources intéressantes, d’abord la correspondance de Salinger, avec Elizabeth Murray amie de longue date, correspondance très dense avant 1945 et durant son engagement en Europe, la correspondance avec Whit Burnett son mentor, enseignant de Columbia, qui lui a permis d’être publié dans sa revue Story. Et enfin dans la correspondance avec , son plus vieil ami, la moins croustillante à mon avis, mais pas sans intérêt car elle montre que Salinger n’était pas le rustre écrivain, que l’on imagine.
La deuxième source, les nouvelles publiées dans la presse écrites Story, Thé evening Post, Thé New Yorker, qui n’ont jamais été publiées autrement que dans les journaux permettant à Salinger de se faire connaître. Dénis Demonpion les a lues et nous en livre le contenu à défaut de leur traduction, c’est un matériel riche, l’auteur n’indique pas comment il s’est procuré les textes -j’ai pensé à la NY Public Library mais pour l’anecdote il précise que l’exemplaire conservé a NYPL du New Yorker Ne contient plus la nouvelle les pages en sont arrachées- La plupart de ces nouvelles n’ont jamais été éditées et encore moins traduites.
Holden Caulfield, ainsi que Vincent sont frère apparaissent dans plusieurs d’entre elles. Elles éclairent à mon avis le travail de l’écrivain avant son engagement militaire, Salinger ne sortira pas indemne de son expérience de libération de l’Europe en 1944, ils participent au débarquement à Utah Beach, puis sur le front des Ardennes, ainsi qu’à la libération du camp de Dachau. Durant tout ce temps, il avait en tête son ultime roman, à l’issue de la grande guerre ne paraîtront que son grand roman et des nouvelles écrites après guerre.
J’ai particulièrement apprécié ces passages ou l’on comprend très bien que le roman clé de Salinger résulte d’un travail de longue haleine, de maturation et d’attente. Dans l’ensemble cette biographie tient la route, écrite avec le talent d’un admirateur de l’œuvre de Salinger, ce qui lui a permis de ne pas s’attarder uniquement sur les événements plus personnels connus de tous. Quant à l’énigme autour des écrits de Salinger après 1961, date à laquelle il ne publie plus, elle reste entière.