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 Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?

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Akina
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MessageSujet: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Mer 20 Nov - 9:24

Jean-Philippe Jaworski est un auteur de fantasy français, né en 1969. Après avoir fourbi ses armes de façonneur de monde dans l'écriture de jeux de rôles (Tiers Âge et Te Deum pour un massacre, se déroulant dans la France des Guerres de Religions).

Il écrit ensuite ses premières nouvelles, réunies sous le titre de Janua Vera. Toutes se passent dans le Vieux Royaume, un empire unifié quelques siècles auparavant par un héros, un demi-dieu, et qui depuis s'effrite en cités-états, duchés, comtés. Après le premier conte consacré au héros fondateur, les autres nouvelles parcourent le Vieux Royaume, à la rencontre de sept personnes de cet état anarchique, de l'assassin au clerc, du galant chevalier à la paysanne dont la vie est transformée par sa rencontre avec un elfe.
Outre la beauté et la complexité de ce monde, j'ai particulièrement apprécié le style dans lequel écrit Jaworski, et qu'il adapte à chacun de ses personnages. L'assassin ne parle pas comme le clerc ou comme la paysanne, et chaque nouvelle s'adapte au milieu, à l'univers dans laquelle elle évolue. C'est parfaitement maîtrisé et un très bel exercice de style, totalement littéraire.

Citation :
Plus bas, en arrivant près du port, non loin de l'arsenal, la via Mala devient plus animée. Elle sent le sang ; des filets noirâtres ruissellent sur la chaussée en pente depuis les abattoirs. Des nuées de mouches obscurcissent l'air, des colonies de rats grouillent au bas de façades. On entend parfois, derrière le mur d'un boucher, le meuglement d'une bête qui sent la mort. Arrivé là, je m'arrête. Je hume à plein poumons l'odeur de viande, de crasse, de merde.Je me ressource. Je suis chez moi.
Gagner la guerre reprend un des personnages des nouvelles (l'assassin) et suit son parcours sur plusieurs centaines de pages. Je ne l'ai pas encore lu, mais je compte sur Pickwick pour vous en parler avec enthousiasme !
Gagner la guerre a reçu le prix des Imaginales en 2009 et est sans doute le roman de fantasy français dont j'ai entendu parler avec le plus d'éloges.

Jaworski change maintenant d'univers et part du côté des Celtes avec une trilogie : Rois du Monde, dont est sorti cet automne le premier tome, Même pas mort. Je me le suis procuré lors d'une séance de dédicaces mais il me reste encore à le lire !
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Pickwick
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Mer 20 Nov - 9:59

A - Gagner la Guerre :

Bon, je ne résiste pas au plaisir de commencer par vous joindre la quatrième de couverture de gagner la guerre :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier ». Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon...


Vous n'aimez pas le style ? passez votre chemin. Le roman est écrit à la première personne et c'est ce cher Benvenuto qui régale, toujours dans son idiome gouailleur et pétri d'esprit.

Vous aimez ? plongez vous dans ce chef d'oeuvre et goûtez l'extase littéraire.

Gagner la guerre est bien plus qu'un roman de fantasy. C'est un grand roman de cape et d'épée (sauf que l'on n'est pas dans un joli monde sympathique et propre où l'on se tue dans une belle clairière un matin à l'heure ou blanchi la campagne. Le rayon de Benvenuto c'est plutôt l'assassinat au fond d'une ruelle sordide ou d'un palazzo magnifique mais un chouilla abîmé (marrant, quand il sonne le Benvenuto on n'a pas super envie de lui ouvrir, alors il est possible que la porte baille un peu après qu'il est entré ... hum ça sentirait pas le brûlé quelque part ?).

Donc nous sommes dans une cité qui ressemble à s'y méprendre à Venise ou Lisbonne. On suit Benvenuto, maître assassin/espion qui bosse pour Léonide Ducatore, (en gros le chef des doges) et l'on nage dans les méandres d'une politique intérieure et internationale très riche mais pourrie jusqu'à l'os. Les protagonistes sont réjouissants dans leur absence totale de vergogne et les poignards fusent (surtout dans le dos).

Mais ce roman est aussi bien plus qu'une simple intrigue usuelle de fantasy, c'est une déclaration d'amour au style, à une ville (dans tout ce qu'elle a de magnifique mais aussi tout ce qu'elle a de sordide), ce sont des moments d'action, de poésie, des moments d'horreur mais aussi de singulière beauté. A un moment apparaissent des elfes. C'est bien la première fois que je ressens autant le charme de l'elfe, son intemporalité, sa mélancolie, son raffinement. Les moments avec les elfes sont magnifiques.

On notera qu'un protagoniste important est un peintre et que ce n'est pas pour rien

Le style est un régal. On le goûte au début et l'on se dit que Jaworski n'arrivera pas à tenir la durée ou qu'on s'en lassera. Que neni. On prend son pied à chaque phrase, du début à la fin de ces 700 pages de bonheur.

Le world building est vraiment époustouflant. Le sac de noeud des intrigues politiques est parfaitement huilé (et dieu sait qu'il y en a dans tous les sens et que c'est compliqué) et on ne s'y perd jamais. La ville vit. On la voit, on la renifle, que ce soient dans ses bas quartiers ou dans ses palais. Jaworski crée sans même que l'on s'en rende compte un monde complet, complexe et vraiment prenant.

J'ai passionnément aimé ce roman. C'est un vrai chef d'oeuvre à mettre au même niveau que les meilleurs Dumas. C'est un vrai régal et j'ai souvent ri aux éclats, non pas à cause de bonnes grosses vannes faciles, mais parce que Benvenuto est un personnage infect mais incroyablement sympathique, dont la plume est fort bien tournée. Je me rappelle notamment d'avoir explosé de rire à la lecture d'un passage car la manière de le dire était irrésistible. C'est du grand art et un grand auteur.

B - Même pas mort

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.
Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.


Même pas mort est le premier opus d'une trilogie qui se passe dans un univers Celte. Je l'ai enchaîné juste après Gagner la Guerre et ai été un peu déçu mais ce roman reste excellent et globalement très original. L'onirisme et la mythologie particulière aux Celtes qui va avec marchent très bien.

Là où gagner la guerre est un roman urbain, Même pas mort est un roman de nature. On passe sa vie dans une forêt mythique, à suivre deux garnements et un vieil original un peu druide sur les bords. L'intrigue s'est maintenant mise en place et j'ai très envie de lire la suite !
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resmiranda
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Mer 20 Nov - 10:08

Je suis convaincue Wink mais j'ai une question : faut-il nécessairement lire "Janua vera" avant de se lancer dans "Gagner la guerre" ?
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Pickwick
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Mer 20 Nov - 10:12

resmiranda a écrit:
Je suis convaincue Wink mais j'ai une question : faut-il nécessairement lire "Janua vera" avant de se lancer dans "Gagner la guerre" ?
Non ! Pour te convaincre, je n'ai pas encore lu Janua vera et pourtant je suis tout à fait enhtousiaste Very Happy 
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resmiranda
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Mer 20 Nov - 10:39

ok, merci. Panier validé Wink 
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Shelbylee
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Dim 24 Nov - 17:55

J'avais déjà noté ce livre sur un blog, il va vraiment falloir que je le découvre !

_________________
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Akina
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MessageSujet: Re: Jean-Philippe Jaworski, le renouveau de la fantasy française ?   Dim 10 Aoû - 13:05

J'ai fini de dévorer Gagner la guerre et mon enthousiasme rejoint celui de Pickwick. C'est un excellent roman d'aventures, riche et mature, qui n'a rien à envier à un Alexandre Dumas (au contraire).
Difficile de faire la liste de toutes les qualités de ce roman. La première que je retiens, c'est le style : dans Janua Vera, j'avais déjà été impressionnée par le talent de Jaworski, talent qui atteint ici son sommet. C'est écrit dans un argot riche et gouailleur, jamais lassant, toujours rythmé, dynamique. C'est un auteur qui écrit peut être un monde fantastique et imaginaire, mais jamais il n'oublie ce qu'il est : un auteur, un écrivain. La description des rues de Ciudalia m'a souvent fait penser au Parfum : même richesse de sensation, même désir de faire vivre un monde dans toute sa complexité et sa sensualité.

En parlant de complexité, le deuxième point fort de ce roman réside dans celle de ses personnages. Dans un monde où la duplicité et les coups bas règnent, ceux là ont une personnalité forte, riche et complexe. Tous plus ou moins pourris (en tout cas, les principaux), l'auteur parvient à nous faire aimer les aspects les plus sombres de la faune de Ciudalia. Benvenuto, en particulier, est un vrai salaud, mais didiou ! quel salaud sympathique !

Je serai un peu plus réservée que Pickwick sur l'aspect "fantasy". Contrairement à lui, je n'ai pas été particulièrement charmée par ses elfes ou ses nains, qui manquent de l'originalité de ses humains. C'est un aspect trop rapidement abordé du roman, à mon sens, pas assez fouillé. Le roman n'aurait pas été moins riche si les elfes avaient été des humains.
En revanche, la magie de ce monde est extrêmement bien faite, à la fois crédible et effrayante. C'est un des aspects les plus séduisants du roman.

Au final, j'ai adoré ce roman. Je n'en fait pas l'un des romans les meilleurs du siècle comme Pickwick, mais il se hisse parmi les plus grands romans d'aventure, et me redonne espoir dans la littérature de l'imaginaire française !
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