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 La femme au corbeau de Borzage (1928)

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3 participants
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Summerday
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Summerday



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MessageSujet: Re: La femme au corbeau de Borzage (1928)   La femme au corbeau de Borzage (1928) Icon_minitimeSam 14 Avr - 20:37

J’ai eu la chance de voir l’un des films de Franck Borzage sur grand écran grâce à la cinémathèque de ma ville. Il s’agit de La femme au corbeau, un film muet de 1928 avec Mary Duncan et Charles Farell. Ce film possède une histoire bien particulière. Lors de sa sortie il ne connait pas le succès attendu et est censuré par de nombreux propriétaires de salles en raison de certaines scènes sensuelles. Il est alors retiré de la circulation et le studio le ressort quelques mois après en ayant coupé quelques scènes et en ayant modifié la fin, notamment après avoir introduit une séquence parlante. Le film connait davantage de succès et est aussi diffusé en Europe. Mais au fil du temps les bobines sont perdues ou brûlées et le film considéré comme disparu. Or, et c’est l’une des magies du cinéma, des passionnés retrouvent parfois des films, des décennies après. Ce fut le cas pour celui-ci. Grâce aux pellicules retrouvées dans plusieurs archives, une majorité du film a été reconstitué. Les parties manquantes sont le début, une ou deux séquences vers le milieu, et la fin. Toutefois grâce au travail acharné de chercheurs, des images du tournage ont été retrouvées et intégrées, avec du texte, pour compléter la vidéo, et des manuscrits du cinéaste ainsi que le scénario original conservé ont aidé à reconstituer la narration. Cela n’est pas trop perturbant puisque le texte ajouté s’articule parfaitement avec le reste. De toute façon les films muets possèdent déjà des séquences écrites pour les dialogues, c’est donc des textes un peu plus longs qui explicitent les quelques photos. Au final il reste environ 1h de film.
Que dire de l’histoire (tronquée)? Elle se déroule sur le chantier d’un barrage. Rosalee, seule femme du chantier, se retrouve seule après que son amant, le superviseur, ait été arrêté pour meurtre. Cet homme sombre lui demande de l’attendre pendant sa peine de prison et lui confie son corbeau. Rosalee est une femme qui dénote au milieu de ce paysage. Séductrice, féminine, elle se trouve soulagée lorsque les ouvriers quittent les lieux pour l’hiver. En effet, lorsque le froid arrive, le site est déserté jusqu’au printemps. Mais la jeune femme rencontre Allen John, un jeune homme naïf, à qui elle fait vite tourner la tête. Allen John n’a jamais connu de femme et devient béat d’amour, au point de ne cesser de rater le train qui l’emmènerait pour la première fois en ville. Rosalee commence par le mener par le bout du nez, avant de lui trouver peu à peu quelques qualités. De son côté le jeune homme est prêt à tout pour lui prouver qu’il peut être un meilleur homme que Marsden, son amant violent. Pendant tout ce temps, le corbeau de l’assassin, semble les observer, comme si le regard de son maître les transperçait. L’hiver va arriver et exacerber leurs désirs.
Spoiler:
 
Il est vrai que le film, s’il n’est pas érotique pour le moins du monde, n’en est pas moins sensuel et assez provocateur pour l’époque. Le désir charnel est affirmé dès leur rencontre au bord de la rivière, et par la suite les contacts physiques recherchés. Il faut voir Rosalee se frotter contre Allen John afin de mesurer leurs hauteurs respectives, ou lui frotter frénétiquement le torse avec de la neige lorsqu’il perd un moment connaissance. Même si la qualité de pellicule qui a survécu ne laisse pas toujours deviner le meilleur du travail du cinéaste, certaines scènes parfaitement restaurées laissent transparaître tout son talent. Lors d’une scène d’intérieur, les deux héros s’avouent leur amour. Ils commencent à s’effleurer et ce qui pourrait devenir une scène un peu vulgaire car trop sensuelle est rattrapée, comme toujours, par un élan plus romantique. La scène se transforme ensuite en séquence inquiétante avec l’intervention menaçante du corbeau et un jeu d’ombres impressionnant, qui ne sera pas sans inspirer Hitchcock quelques années plus tard. Les thèmes de ce film sont aussi intéressants. C’est une histoire d’amour, un film que l’on peut dire romantique, avec un jeu de chat et de souris assez savoureux. C’est aussi une belle pastorale. Rosalee est une femme de la ville, qui a sans doute connu beaucoup d’hommes, probablement de petite vertu. En se retrouvant isolée dans ce site montagneux et en succombant au charme d’un homme si innocent, elle gagne une seconde chance. C’est une vision idéalisée et un brin naïve mais si joliment traitée que l’on pardonne même la dernière citation un peu mièvre du film. Les deux comédiens principaux sont fabuleux.
L’historienne du cinéma qui était présente lors de la séance nous a confié pas mal d’anecdotes sur le film. Notamment sur le tournage. Le film, réalisé en trois mois, devait être tourné au Canada mais les studios estimaient le coût trop élevé, alors un décor a été monté en Californie, avec l’utilisation de maquettes pour certaines vues plus larges.
C’est un film intéressant à voir pour son destin si particulier, mais aussi pour ses comédiens attachants, et ce, malgré une histoire un peu faible dans les intrigues secondaires.
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Emjy
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MessageSujet: Re: La femme au corbeau de Borzage (1928)   La femme au corbeau de Borzage (1928) Icon_minitimeSam 14 Avr - 20:44

Merci pour ce très beau compte-rendu, Summerday ! Very Happy C'est vrai que ce film a une histoire passionnante ! Il n'est pas considéré comme l'un des meilleurs du réalisateur mais je suis tout de même curieuse de le voir. Il n'existe pas de mauvais Borzage de toutes façons Razz

Le couple Charles Farrell / Mary Duncan s'est retrouvé l'année suivante dans le formidable City Girl de Murnau (topic ici : Arrow)

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Akina
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MessageSujet: La femme au corbeau de Borzage (1928)   La femme au corbeau de Borzage (1928) Icon_minitimeMar 17 Avr - 21:13

Vous me donnez très envie ! J'aime beaucoup la manière dont tu parles de ce film, Summerday.
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MessageSujet: Re: La femme au corbeau de Borzage (1928)   La femme au corbeau de Borzage (1928) Icon_minitime

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