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 Sir Walter Scott

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MessageSujet: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeSam 19 Juin - 22:29

Sir Walter Scott, 1er baronnet (15 août 1771 à Édimbourg - 21 septembre 1832 à Abbotsford) est un poète et écrivain écossais.

Sir Walter Scott Walter10

Issu d'une famille de militaires et de propriétaires terriens, Walter Scott fait ses études de droit à l'université d'Édimbourg, de 1786 à 1792. Cependant, son imagination est éveillée, dès l'enfance, aux traditions de l'Écosse, et sa vocation littéraire se précise au cours de promenades où il recueille les légendes et les ballades, les récits des batailles et les histoires des anciens héros de l'Écosse.

En 1792, il est admis au barreau d'Édimbourg; il épouse, en 1797, Marguerite-Charlotte Charpentier, jeune calviniste française que la Révolution avait contrainte à chercher refuge en Grande-Bretagne, et dont il fit la connaissance aux lacs de Cumberland. Il entre dans la magistrature en 1799.

Des années durant, Walter Scott explore les terres les plus fermées et les plus mystérieuses de la frontière occidentale anglo-écossaise, se fait raconter les vieilles ballades populaires par les paysans et les bergers, dont la langue est souvent archaïque. Ces ballades, il les transpose ensuite dans les deux volumes des Chants de la frontière écossaise (1802-1803), qui le font connaître. En 1805, il fait paraître sa première œuvre originale, le Lai du dernier ménestrel.

Dès lors, les poèmes se succèdent, notamment, en 1810, la Dame du lac, poème en six chants, rempli d'épisodes romanesques et de légendes écossaises. Toutes ces œuvres participent de la même inspiration, et l'art avec lequel Walter Scott évoque et peint le passé, le charme de la description, l'aisance et la sobriété de ses vers le mettent au premier rang des poètes romantiques. Cependant, la gloire de lord Byron, depuis 1812 menace la carrière poétique de Scott qui décide de renoncer à la poésie et de se tourner vers un autre domaine. Il devient ainsi le créateur du roman historique et le plus célèbre romancier de son temps.

L'écrivain reprend un manuscrit qu'il a rédigé vers 1805 et qui est le premier état d'un roman. C'est Waverley , qui paraît sans nom d'auteur, en 1814, et dont la grande faveur le pousse aussitôt à écrire une série d'œuvres romanesques, d'atmosphère écossaise, signées "par l'auteur de Waverley": Rob Roy (1818), la Fiancée de Lammermoor (1819), Le Coeur du Mid-Lothian

Avec Ivanhoé (1820), où le romancier, abandonnant les Ecossais, fait revivre l'Angleterre de Richard Ier et la rivalité des Saxons et des Normands, il atteint l'apogée de la célébrité. Dans l'un de ses romans les plus connus en France mais méconnu outre-Manche, Quentin Durward (1823), il décrit la France de Louis XI, à travers les aventures d'un archer écossais de la garde du roi.

Enrichi par ses œuvres, il achète le château d'Abbotsford, où il mène une vie de grand seigneur. Mais la faillite de son éditeur, auquel il est associé, le ruine (1826). Tenant à faire face à toutes ses obligations financières, il entreprend un labeur extraordinaire qui l'épuise bientôt. Il meurt le 21 septembre 1832. Ainsi, son œuvre romanesque (menée de front avec d'importants travaux historiques) aura été accomplie en une quinzaine d'années.

*****

Scott a été un précurseur pour deux tendances majeures qui se sont affirmées avec le temps :
1- le roman historique, dont le succès lui a valu d'innombrables imitateurs au XIXe siècle,
2 - la culture des Hautes Terres de l'Écosse, dans ses romans écossais comme dans les usages vestimentaires, puisqu'il a rétabli l'usage du kilt et des tartans. En son honneur, la gare centrale d'Édimbourg a été nommée Waverley en 1854 et son image apparaît sur les billets émis par la banque d'Écosse.

Ses qualités d'inépuisable invention, de reconstitution historique et d'humanité savoureuse ont fait de lui, pendant une génération, le maître incontesté du roman et l'ont rendu extrêmement populaire. Walter Scott possède, avant tout, le don de la vie: sa connaissance approfondie de l'histoire écossaise, des mœurs, des coutumes et des légendes lui permet de réinventer une atmosphère «future» – une vision – qui retient et captive le lecteur.

Walter Scott exerça une influence profonde non seulement sur ses successeurs anglais du XIXe siècle, mais aussi en France, où ses romans ont connu, sous la Restauration, un succès considérable et influencé toute une génération d'écrivains romantiques. Alfred de Vigny, Victor Hugo, Balzac, qui lui rendit hommage dans l'avant-propos de la Comédie humaine, ont reconnu en Walter Scott le maître du roman historique.

Après des décennies d'oubli, on assiste à un regain d'intérêt pour son œuvre depuis le bicentenaire de sa naissance, dans les années 1970 et 1980. Scott est maintenant jugé comme un créateur important et une figure majeure dans l'histoire de la littérature en Écosse et dans le monde. En France, ses romans font ainsi l'objet d'une édition dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade aux éditions Gallimard.

NB : Les poèmes et romans de Scott ont également fortement influencé les librettistes d'opéra. Ont ainsi, entre autres, été composés sur la base de ses poèmes et romans les opéras :
"La Dame du Lac" de Rossini
"La Jolie file de Perth" de Bizet
"Lucia di Lamermoor" de Donizetti


Dernière édition par muezza le Sam 19 Juin - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Quentin Durward : le roman   Sir Walter Scott Icon_minitimeSam 19 Juin - 22:34

Je tiens à vous présenter l'un de mes romans favoris depuis... piou... des années. Un de mes livres de chevet... Désolée, ça va être un looong post Embarassed Il s'agit de

"Quentin Durward"

Sir Walter Scott Quenti13
Quentin Durward et le Balafré, par Delacroix
… dans son édition intégrale (environ 550 pages) et non son affreuse édition enfant (moins de 200 pages)!

Ce roman historique d‘aventures, étrangement méconnu en Angleterre, est un des plus populaires du "Grand Inconnu" en France, et ce n'est que justice.

Qu'est-ce que ça raconte ?
Le roman situe son action en 1468, en France, sous le règne de Louis XI. Quentin Durward est un jeune noble écossais de vingt ans dont le clan, les Glen-Houlakin, a été exterminé quelques mois plus tôt par le clan ennemi des Olgivies. Gravement blessé et soigné par des moines, il a la vie sauve à la condition qu'il prenne l'habit monacal. Remis sur pieds et aidé des moines, le jeune homme s'est enfui en France pour échapper à ce destin peu à son goût.
Voyageant à pied, il cherche à rejoindre son oncle, Ludovic Lesly, dit Le Balafré, archer dans la Garde Écossaise du roi. En chemin, le voyageur croise la route d'un étrange marchand, Maître Pierre. Le marchand s'intéresse au jeune homme et écoute ses discours peu amènes envers le Roi de France, tout en le mettant en garde. Il ne fait pas bon aller contre le roi. Le jeune homme, fier comme un Écossais, n'en a guère cure... Il est cependant très intrigué par ce marchand et par le manège qui se passe dans l’auberge de Plessis-les-Tours où ce-dernier l’a invité à partager son repas. Le jeune homme naturellement plein d’imagination est notamment intrigué par la présence d’une jeune femme brune, qui chante en s’accompagnant d’un luth, dans la tourelle voisine de celle de sa chambre… Il a vite fait de rêver à la « dame au luth », au grand amusement de Walter Scott ... et de son lecteur… Very Happy
Peu de temps après avoir retrouvé son oncle, Quentin manque d’être pendu à son tour après avoir dépendu un bohémien, par pure charité chrétienne. L’intervention des Écossais le sauve de la justice rapide de Tristan l’Hermite, le grand prévôt du Roi. Mais en contrepartie, il est contraint de rentrer dans la Garde Écossaise du roi, dirigée par l’adorable vieux Lord Crawford. Ainsi amené à côtoyer de près la Cour - la Garde Écossaise constitue la garde la plus proche du roi - il a la surprise de découvrir les traits de Maître Pierre dans ceux du Roi de France, ainsi que ceux de son commis dans ceux de son barbier et confident, Olivier le Daim…

En 1468, le royaume de France est particulièrement affaibli : le Duc de Bourgogne a assis sa puissance face à ce suzerain royal, et rêve à s'emparer de sa couronne. Louis XI est préoccupé par la présence en France de la Comtesse Isabelle de Croye et de sa stupide et condescendante de tante, Hameline. Avec l'aide des agents du roi, la Comtesse a fui la Bourgogne où son suzerain, Charles le Téméraire, la destinait à son favori italien, Campo-Basso. Averti par ses espions, le Duc de Bourgogne envoie en France son ambassadeur, le Comte de Crèvecoeur pour ramener les deux femmes, faisant ainsi encore pression sur le roi.
Bien décidé à faire tomber le comté de Croye, stratégique entre les frontières de Flandre et de Bourgogne, dans les mains d’un Français ou d’un allié, tout en se préservant, Louis XI décide de faire enlever les deux femmes par le sanguinaire Guillaume de la Marck, le "Sanglier des Ardennes", sous le prétexte de les convoyer en terrain neutre à Liège, auprès du Prince-Evêque, Louis de Bourbon. Superstitieux, entre ses rêves et les prédictions de son astrologue Galeotti, Louis choisit Quentin pour mener le convoi. Hayradin, un bohémien mystérieux, sera leur guide... Quentin parviendra-t-il à déjouer les pièges dans lesquels il se jette à son insu?


Et c'est bien ?
C'est super, oui ! Le Edinburgh magazine écrira que ce roman démontrait "more talent than any other of the author's works".

Le roman se structure en trois temps principaux : une première partie à la Cour de France, puis une deuxième partie qui correspond aux convoi et siège de Liège, pour finalement finir avec l’entrevue de Péronne et ses conséquences. En parallèle à cette structure, le personnage de Quentin évolue : de jeune homme intrépide, légèrement orgueilleux, naïf, et ne faisant guère tourner la langue dans sa bouche avant de l’ouvrir - en particulier face au roi et à ses manipulations - dans la 1ere partie, il devient chevaleresque, raisonné, futé dès l’instant où il est investi de la mission du convoi et lors de l‘entrevue de Péronne…

Ce personnage est particulièrement attachant. On sent que Walter Scott a beaucoup d’affection pour lui. Il nous rappelle très souvent qu’il est très beau garçon (et qu’il le sait) qu'il n'est pas peu fier d'être Écossais - et pour Scott, être Écossais est clairement une vertu Very Happy
Citation :
"J'ai dans la bouche une langue écossaise, et elle est assez hardie pour dire ce que je pense en face du roi Louis."
Apparemment, être Écossais et bien fait de sa personne vous destine à un étonnant destin en France : en quelques jours, hop, le Quentin est déjà sentinelle dans les appartements du Roi puis désigné pour un convoi (ok, il est pas sensé y survivre mais quand même!) : si c'est pas du talent, ça.
lol!
Mais ce que j'adore chez lui par dessus tout, c'est qu’il a une charmante tendance à laisser courir son imagination romanesque. J'adooorrrre (c'est assez rare de voir les héros se laisser aller au romanesque Razz), je veux le même Laughing
Citation :
"Si, comme il le soupçonnait, l'habitante de la tourelle voisine était une belle demoiselle à longs cheveux noirs, il ne pouvait s'empêcher de croire qu'un jeune cavalier, beau, bien fait, plein de feu et de vivacité, occupait la seconde; et les romans, ces sages instituteurs de la jeunesse, lui avaient appris que si les demoiselles étaient timides et réservées, elles étaient également assez curieuses de connaître les affaires de leurs voisins, et y prenaient quelquefois intérêt." (chapitre 4)

"Le lecteur s'imaginera aisément que le jeune écuyer dut fonder un joli roman sur la supposition que l'habitante de la tourelle, dont il avait écouté la chanson avec tant d'intérêt, et la jolie fille qui avait servi maître Pierre dans l'auberge, s'identifiaient avec une comtesse de haut rang, et jouissant d'une grande fortune, qui fuyait les poursuites d'un amant détesté, favori d'un cruel tuteur qui abusait de son pouvoir féodal. Il se trouva aussi, dans la vision de Quentin, une place pour ce maître Pierre, qui semblait exercer une telle autorité même sûr l'officier formidable aux mains duquel il avait eu tant de peine à échapper."
(chapitre 7)

C’est un vrai bonheur de lire ce qui passe par la tête de Quentin, en particulier lorsqu'il s'agit de la dame au luth... La romance entre Quentin et Isabelle, toute en retenue, est absolument délicieuse à lire...comme lorsque Quentin a une égratignure Laughing
Citation :
"Dans nos temps modernes, il est rare qu'un galant reçoive une blessure pour l'amour d'une belle, et de son côté jamais une belle ne se mêle du soin de la guérir: le galant et la belle encourent chacun un danger de moins.. On reconnaîtra généralement de quel danger je veux parler pour l'homme; mais le péril de panser une blessure comme celle de Quentin, blessure qui n'avait rien de dangereux, était peut-être aussi réel, dans son genre, pour une jeune personne, que celui auquel s'était exposé notre Écossais pour la défendre.
Nous avons déjà dit que Quentin Durward avait la physionomie la plus prévenante. Lorsqu'il eut détaché son heaume, [...]les boucles de ses beaux cheveux s'en échappèrent avec profusion autour d'un visage dont l'air de jeunesse et de gaieté recevait un charme plus doux d'une rougeur causée à la fois par la modestie et le plaisir. Et quand la jeune comtesse fut obligée de tenir le mouchoir sur la blessure,[...] elle éprouva un embarras mêlé de délicatesse, un mouvement de compassion pour le blessé, un sentiment plus vif de reconnaissance pour ses services, et tout cela ne diminua rien à ses yeux de la bonne mine et des traits agréables du jeune soldat. En un mot, il semblait que le destin eût amené cet incident pour compléter la communication mystérieuse qu'il avait établie, par des circonstances en apparence minutieuses et accidentelles, entre deux personnes qui, quoique bien différentes par le rang et la fortune, se ressemblaient pourtant beaucoup par la jeunesse, par la beauté, et par un coeur naturellement tendre et romanesque. Il n'est donc pas étonnant qu'à compter de ce moment l'idée de la comtesse Isabelle, déjà si familière à l'imagination de Quentin, remplit entièrement son coeur, et que de son côté la jeune dame, si ses sentiments, qu'elle ignorait, presque elle-même, avaient un caractère moins décidé, pensât désormais à son jeune défenseur."
(chapitre 15)
C'est pas mignon tout plein et joliment écrit par Scott ???

Comment ne pas succomber à pareil héros, Écossais en plus - et pas peu fier de l’être? Moi, je vous le dis : IMPOSSIBLE Laughing

Face à lui, la figure de Louis XI est extraordinaire, sensationnelle, et les ressorts politiques sont légion : tout fourmille de complots, intrigues, manipulations, … Il est évident que ce roman était un prétexte à mettre en scène ce souverain, en particulier lors de l'entrevue de Péronne. Walter Scott nous dresse le portrait d’un roi manipulateur, réfléchi, tout en succombant à la superstition… Le plus notable est la scène face à Galeotti, après qu’il a réalisé que ce dernier l’a joué
Spoiler:
 
L’opposition à Charles le Téméraire, à Péronne, est également particulièrement jouissive !
Son illustration de Louis XI eut tant de succès qu'elle créa une sorte de mythe autour de ce roi, mythe qui perdure encore dans l'imaginaire français Wink

Bref, je vous recommande très très chaudement ce roman d'aventures tout comme l'un des plus fervents admirateurs de Walter Scott, et de ce roman, en particulier : Victor Hugo, auteur de « Sur Walter Scott, à propos de Quentin Durward », dans lequel il écrit avec justesse ceci :
Victo Hugo a écrit:
«[…]Nous remplissons un devoir de conscience en plaçant Walter Scott très haut parmi les romanciers, et en particulier Quentin Durward très haut parmi les romans? Quentin Durward est un beau livre. Il est difficile de voir un roman mieux tissu, et des effets moraux mieux attachés aux effets dramatiques. »
[...]
L’auteur a voulu montrer, ce nous semble, combien la loyauté, même dans un être obscur, jeune et pauvre, arrive plus sûrement à son but que la perfidie, fût-elle aidée de toutes les ressources du pouvoir, de la richesse et de l’expérience. Il a chargé du premier de ces rôles son Écossais, Quentin Durward, orphelin jeté au milieu des écueils les plus multipliés, des pièges les mieux préparés, sans autre boussole qu’un amour presque insensée; mais c’est souvent quand il ressemble à une folie que l’amour est une vertu. Le second est confié à Louis XI, roi plus adroit que le plus adroit courtisan, vieux renard armé des ongles d’un lion, puissant et fin, servi dans l’ombre comme au jour, incessamment couvert de ses gardes, comme d’un bouclier, et accompagné de ses bourreaux comme d’une épée.
Ces deux personnages si différents réagissent l’un sur l’autre de manière à exprimer l’idée fondamentale avec une vérité singulièrement frappante. C’est en obéissant au roi que le loyal Quentin sert, sans le savoir, ses propres intérêts, tandis que les projets de Louis XI, dont Quentin devait être à la fois l’instrument et la victime, tournent en même temps à la confusion du rusé vieillard et l’avantage du simple jeune homme "

A la parution de Quentin Durward en France, les Françaises adoptèrent les imprimés tartans du clan Stuart sur leurs robes. Du côté des arts - outre la littérature -Eugène Delacroix, notamment, fut tellement obsédé par le roman qu’il produisit deux tableaux s’en inspirant, qui illustrent ce post Very Happy

Anachronismes
Scott reconnaît jouer des anachronismes pour enrichir son récit, dans ses notes intégrées au roman. Ainsi, l’évêque sera bien assassiné mais … en 1482, soit 14 ans plus tard...
Flaubert s’amuse d’ailleurs de ces erreurs dans son Bouvard et Pécuchet
Flaubert a écrit:
"Ils lurent d'abord Walter Scott. Et ce fut comme la surprise d'un monde nouveau.
[...]
Pécuchet (...) perdit même tout respect pour Walter Scott, à cause des bévues de son Quentin Durward. Le meurtre de l'évêque de Liège est avancé de quinze ans. La femme de Robert de Lamarck était Jeanne d'Arschel et non Hameline de Croye. Loin d'être tué par un soldat, il fut mis à mort par Maximilien..."[...]
Anecdotes
Pour l'anecdote, sachez que
- Romain Sardou, qui s'illustre dans le roman historique, a répondu aux questions d'une blogueuse ici. Il y déclare que le déclic pour l'écriture a été "immédiat : après quelques pages à treize ans de Quentin Durward, je me suis demandé : comment fait-on ça ?"
- le journaliste politique Alain Duhamel, a déclaré que Quentin Durward était son livre de chevet Very Happy.


Un roman mêlant habilement histoire, politique et romance sur fond d'aventures,
ça vous dit aussi ???


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L'Assassinat de l'évêque de Liège, par Delacroix
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeDim 27 Juin - 15:39

Merci pour ces posts très complets et très enthousiastes, Muezza ! Sir Walter Scott Icon_biggrin

Je n'ai encore jamais eu l'occasion de lire Walter Scott mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque ! La jolie édition Phébus de La Fiancée de Lammermoore m'a souvent fait de l'oeil et ce que tu dis de Quentin Durward (dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'ici Sir Walter Scott Icon_redface ) éveille grandement mon intérêt ! J'espère pouvoir le dénicher !

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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeDim 27 Juin - 16:02

Merci pour ce topic Muezza. J'ai lu Quentin Durward dans l'édition abrégée lorsque j'étais enfant et il faudrait absolument que je le lise dans son intégralité. Dnas ma PAL figure La fiancée de Lammermoor que je n'ai toujours pas commencé...
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeDim 19 Juin - 16:27

J'ai enfin lu La Fiancée de Lammermoor!! J'ai eu un peu de mal à cause des considérations politiques dont il est question dans le roman. Je préfére de loin l'histoire telle qu'elle apparaît dans le livret de l'opéra de Verdi, mais bien sûr c'est difficilement comparable!
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeMar 1 Mai - 20:50

J'ai lu Le talisman, et j'ai beaucoup aimé! j'aime beaucoup le style de Scott, et l'histoire est tout de suite prenante.

L'histoire se déroule durant une trève entre le camp de Richard coeur de lion et celui de Saladin, durant la 3e croisade. On suit le chevalier au léopard, qui rencontre sur son chemin en plein désert un chevalier du camp adverse, Shirkouh avec qui il sympathise. Il espère gagner le coeur de la belle et noble Edith.

Les personnages sont tous intéressants et la plupart sont très attachants, que ce soit Shirkouh, Adonbec le médecin de Saladin, Le chevalier au léopard, et Saladin, personnage historique qui m'a toujours fasciné, et j'étais contente de le voir héros d'un roman.

Outre les complots politiques dans le camp de richard coeur de lion, entre les autrichiens, les français, les templiers et les religieux, outre la destinée particulière du chevalier au léopard, ce qui m'a plut dans ce roman, c'est les personnages et les relations entre ces personnages, Edith/Richard, Edith/Le chevalier au léopard, Le chevalier au léopard/Shirkouh, Le chevalier au léopard/Adonbec le médecin...

On est complètement dépaysé en lisant ce roman, on passe du camp de richard coeur de lion, à la grotte de l'ermite d'engaddi, à la perle du désert, une oasis verdoyante au milieu de la sécheresse du désert, ou encore le camp de Saladin.

Walter Scott sait nous décrire les paysages, le climat, et les tensions, j'ai beaucoup aimé son style, et ce qui m'a beaucoup surprise, j'ai trouvé le roman souvent très drole, l'humour ne manque pas du début à la fin. Le talisman ferait d'ailleurs un très bon film d'aventure je trouve.
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeVen 2 Oct - 12:37

J'ai lu La fiancée de Lammemoor dans le cadre du défi lecture de Popsugar (c'était ma romance classique), et comme je l'ai mentionné ailleurs, pas nécessairement dans la meilleure traduction qui soit, puisque Bouquins a décidé de conserver celle, quelque peu alambiquée, d'Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret (le plus prolifique, semble-t-il, des traducteurs de son temps... je vous conseille cet article pas inintéressant à son sujet) qui date de 1830 environ, et qui est pour le moins une belle infidèle. Remarquez, j'ai pu enrichir mon vocabulaire de nouveaux mots, "animadversion" n'étant pas le moindre !

Le roman m'a surprise à plusieurs égards : certes, le sujet de l'histoire évoque dès le premier coup d’œil Roméo et Juliette (les deux amants issus de familles ennemies et qui connaissent une fin tragique, etc.), mais je ne pensais pas que les allusions à Shakespeare (Hamlet et Macbeth, principalement) seraient si ostensibles. (Exemple pour ceux qui connaissent au moins l'opéra de Donizetti, la scène de la folie, évidemment, qui fait tout de suite penser à Ophélie, mais vraiment, les références sont légion.)
D'ailleurs je pense qu'il n'est pas innocent qu'un fameux autoportrait de Delacroix en Edgar Ravenswood ait été longtemps considéré à tort comme étant un autoportrait en Hamlet. Wink
Sir Walter Scott 24-ham11


Ensuite, l'histoire est curieusement peu romantique, et malgré un certain nombre d'allusions au côté angélique de Lucie, les personnages sont bien peu héroïques ! Je comprends mieux pourquoi c'est en allant voir Lucia di Lammermoor à l'opéra qu'Emma Bovary entame sa deuxième aventure (elle recroise Léon à l'entracte) : le symbole était trop tentant. Lucie nous est décrite comme ayant secrètement des goûts très romanesques, elle se rêve en princesse de conte de fées pour qui combattent de preux chevaliers... Elle tombe amoureuse d'Edgar alors qu'elle ne l'a rencontré qu'une fois (et qu'il a été tout sauf aimable avec elle en cette occasion) parce qu'il est le stéréotype du beau, mystérieux et sombre étranger au passé torturé. Sinon, son trait de personnalité le plus saillant est, ironie du sort, une passivité  absolument ahurissante (qui justifie sa soumission à sa mère pendant notamment la scène du mariage) qui confine au refus de vivre. Edgar, quant à lui, semble l'aimer surtout parce qu'elle l'aime, et il est d'une telle fierté que toute pensée au sujet de Lucie semble immédiatement suivie d'une remarque du type "elle a bien de la chance que je l'aime / Je suis bien bon de l'aimer, vu les circonstances".  Enfin l'auteur nous rappelle clairement qu'ils n'ont pas grand chose en commun et que s'ils s'étaient mieux connus avant de se déclarer leur amour indéfectible, ils ne se seraient pas aimés du tout. Pourquoi pas, me direz-vous, c'est plutôt réaliste. Oui mais justement, le contraste avec leur fin on ne peut plus mélodramatique est quand même violent !
D'ailleurs la fin en question est traitée assez rapidement, je m'attendais à quelque chose de mieux exploité, de plus poignant (la mort d'Edgar est quand même un tantinet ridicule)...

Sir Walter Scott The_br12
(par Robert Scott Lauder)

Enfin, on peut être déconcerté par le fait que le roman en lui même met un certain temps à démarrer : nous avons d'abord droit à un long débat opposant les arts narratifs aux arts visuels, avec le récit de la vie de Dick Tinto, supposé être un peintre ami du narrateur.

Contrairement à Miss Virginia, les discussions politico-historiques (le problème des Jacobites etc.) ne m'ont pas tellement dérangée, à la limite j'aurais même aimé qu'elles aient plus d'importance... Non, ce qui m'a vraiment été pénible, ce sont les scènes interminables concernant les stratagèmes dont use Caleb, le serviteur d'Edgar, pour dissimuler aux yeux du monde (qui n'est pas dupe) la ruine de son maître : elles sont supposées être humoristiques, mais elles sont tellement outrées, longues et répétitives que je n'en pouvais plus !

Je ne dirai pas que je préfère l'opéra, parce que j'ai bien aimé les personnages secondaires du roman qui disparaissent lors de l'adaptation (la famille de Lucie notamment se voit réduite comme peau de chagrin et se limite à "Enrico", son frère, alors qu'elle en a deux dans le roman et surtout que ses deux parents jouent un rôle prépondérant dans l'histoire d'origine), mais le fait est que l'intrigue, plus resserrée, y est probablement plus efficace et marquante. Je suis fascinée mais quelque peu surprise que le sujet ait à ce point inspiré les peintres de l'époque (essentiellement la scène de la fontaine et celle du mariage), ce qui témoigne du succès qu'a connu le roman au 19ème siècle : il a quand même de grosses faiblesses au niveau de la construction...

Sir Walter Scott The_br13
(par John Everett Millais)

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(par Henry Gillard Glindoni)
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeVen 2 Oct - 17:07

Merci pour cet avis détaillé ! J'ai ce roman dans ma PAL, je l'avais acheté dans ma période littérature anglaise fin 18ème/début 19ème mais je n'ai toujours pas pris la peine de l'y extraire Embarassed
Tu sais ce que vaut la traduction de l'édition Phébus ?

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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeVen 2 Oct - 17:35

Hmm, ils n'ont pas choisi non plus une traduction récente vu que si j'en crois la BNF, Louis Labat a vécu de 1867 à 1947 (et a été le secrétaire d'Edmond Rostand !). Tout ce qu'on peut espérer, c'est que lui, au moins, parlait l'anglais (roh, je suis méchante...). Donc je ne suis pas sûre de ce que vaut cette traduction, tu nous tiendras au courant quand tu la liras ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeVen 2 Oct - 17:52

Merci pour les précisions, je n'y manquerai pas Very Happy

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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeVen 4 Mai - 12:50

Voici une lecture de l'université de Gresham sur Walter Scott et l'origine de la littérature écossaise. Très intéressant! Attention: c'est en VO uniquement. :-)

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Arwen
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitimeDim 6 Mai - 17:03

Effectivement, Elwing, c'est très intéressant ! J'avais étudié Waverley pour passer le CAPES d'anglais il y a .... pfiou.... c'est loin !! Du coup ça m'a donné envie de relire du Walter Scott (j'ai aussi lu Ivanhoé et The Talisman de nombreuses fois dans ma jeunesse). Je m'y replonge !
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MessageSujet: Re: Sir Walter Scott   Sir Walter Scott Icon_minitime

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