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 Akina présente : M le maudit, de Fritz Lang

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Akina
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MessageSujet: Akina présente : M le maudit, de Fritz Lang   Sam 14 Jan - 11:47

Voici un film que j'ai découvert en Novembre dernier, et qui a été un tel coup de coeur, que je l'ai revu Lundi avec beaucoup de plaisir ... Ce film est sorti en Allemagne en 1931, mais il reste d'une modernité étonnante.


Dans une ville allemande, à la fin des années 20 ou au début des années 30, des meurtres de fillettes paniquent toute la ville. Le tueur en série devient le Grand Méchant Loup des comptines enfantines. Un midi, une petite fille rentre de l'école. Sa mère prépare le déjeuner, fait réchauffer la soupe. La gamine traine en chemin, joue avec sa balle. La mère met la table en guettant l'horloge du coin de l'oeil. La petit fait rebondir sa balle sur une colonne où s'affiche une promesse de récompense pour toute information permettant d'identifier le coupable. Une ombre se dessine, un sifflotement : la petite ne reverra jamais sa mère.


Quelques temps plus tard, le préfet explique à un ministre ulcéré de la répétition des meurtres l'enquête minutieuse menée pour identifier le tueur en série : les perquisitions sur le terrain, l'interrogatoire des témoins, les descentes de police chez les voyous pour vérifier les identitées. Et, à chaque fois, la parole du préfet se superpose aux scènes d'action des policier - avec souvent beaucoup d'humour.

Mais pas de résultat, à part de mettre la pègre hors d'elle : comment continuer à "travailler" dans ces conditions ? Alors que les policiers sont sur les dents en permanence ? Il faut donc trouver un moyen de faire cesser ça. Et comment ? En trouvant eux-même l'assassin.



S'ensuit une scène hallucinante, où deux réunions se tiennent en parallèle, l'une chez la police, l'autre chez les truants, avec un seul but : trouver le moyen d'identifier le coupable. Et deux solutions sont apportées, l'une par l'inspecteur Lohmann, l'autre par le chef de la pègre, Schränker : la police va fouiller les archives des hôpitaux psychatriques et les truands vont mettre à profit l'incroyable réseau que forment les mendiants.
Après une scène assez burlesque où on voit le fonctionnement (capitaliste) de la guilde des mendiants, la surveillance commence.


Retour dans un appartement bourgeois, où un gros bonhomme au visage poupin fait des grimaces devant son miroir, en faisant ressortir des yeux globuleux - et fous. Il sort dans la rue, s'arrête devant un magasin de couteaux. A travers un miroir dans la vitrine, il aperçoit une petite fille - et libère la bête. Le même sifflotement que celui des premières scènes revient alors que le bonhomme suit la petite fille.




Pendant ce temps, l'enquête se poursuit chez les policiers, où un coupable potentiel est identifié. Un policier se présente chez lui, est accueilli par sa logeuse, et nous reconnaissons l'appartement bourgeois de la scène précédente. Enquêtant dans la petite pièce, il découvre quelques indices qui permettront de faire le lien avec l'affaire.
Dans la rue, la petite fille retrouve sa mère - voilà notre assassin frustré de son crime. Après avoir essayé de noyer sa pulsion, il y cède et passe à l'attaque d'une gamine. Mais, ce faisant, son sifflotement est reconnu par un vendeur de ballons aveugles qui le fait suivre. Marqué d'un "M" sur l'épaule, l'homme est pris en chasse par les mendiants, tandis que la police identifie chez lui les indices du meurtrier.


Pris en chasse, il se réfugie dans un immeuble de bureaux, fermé derrière lui. Et c'est là que le petit monde des truands part à sa recherche, utilisant tous ses talents pour fouiller l'immeuble. Jusqu'au moment où l'un d'entre eux entend un bruit derrière une porte : l'homme est enfermé dans un grenier. Hélas ! La police est prévenue, elle sera là dans 5 min. Cinq minutes ? Juste le temps de trouver et d'emmener l'homme pour le juger.

Quand la police arrive sur les lieux, elle est ébahie : tout ressemble à un casse, mais rien n'a été volé. Récupérant un cambrioleur, ils cherchent à identifier quel est l'homme que cherchait les truands ? Parce que le commissaire est un fin interrogateur, la police finit par apprendre, médusée, qui est la victime de la pègre et en quel lieu elle a été menée.


Retour chez les truands où le jugement va avoir lieu. Schränker explique à l'assassin le déroulement du procès et en bon procureur, pourquoi il pense qu'il faut l'executer, se débarrasser de lui. Et, c'est alors que le meurtrier prend la parole, raconte sa maladie, sa pulsion qui le suit, le rend fou, le torture jusqu'à ce qu'il y cède. Et le repos, l'apaisement qui succède, avant qu'il ne découvre le lendemain dans les journaux le récit de ses crimes.

Cette tirade profondément émouvante est suivie d'invectives de la foule, qui veut aussitôt lyncher l'animal qui s'est dévoilé devant eux. Son avocat intervient après, rappelant que les juges-voyous qui vont le condamner ne sont pas vierges de tout défaut, et que le cas de l'individu relève de la maladie, plus que de la prison. Mais ses propos ne font qu'enflammer la foule. Au moment où les premiers coups vont pleuvoir, les mains se lèvent au dessus des têtes : la police est arrivée.

Le film se termine sur deux séquences assez étranges : un tribunal officiel, puis trois femmes en noir, celle du milieu étant la mère de la petite du début, regrettant la mort de leurs enfants : "Il va falloir mieux surveiller nos enfants, maintenant.".


C'est un film que j'adore car je le trouve complet. Certaines scènes sont extrêmement comiques (la confédération des mendiants, par exemple, ou le sac de l'immeuble d'affaires par la pègre), et certains acteurs ont un potentiel comique non négligeable. C'est aussi un film dramatique. Certaines scènes sont atrocement émouvantes : voir la mère attendre anxieusement sa petite fille qui ne rentrera pas m'a bouleversée, comme la confession du meurtrier accablé de sa malédiction. On y trouve également un double film policier, assez bien mené lui aussi, de la recherche d'indices à l'interrogatoire des suspects et à l'arrestation.
Mais c'est surtout un film politique passionnant, qui s'intéresse avec beaucoup d'intelligence à la question du droit, du jugement, de l'autorité : qui sommes-nous pour décider qu'untel doit mourir ? Et comment gérons-nous la part de violence, de folie, de dangerosité qu'il y a en chacun de nous, et qui chez certains, s'exprime et met en danger la société ?
Deux questions terriblement modernes et que les faits divers récents et l'exploitation politicienne qui peut en être faite, ne peuvent que nous remettre en mémoire.


La mise en scène, la construction du film sont excellentes. Les effets de masse, que ce soit les foules lyncheuses, ou l'armée organisée de policier ou de truands, ne font que mettre en valeur les individus, filmés de gros plan, et leur solitude.
Malgré la complexité narrative du film (trois points de vue s'entremêlent), les scènes se succèdent avec fluidité, grâce à des transitions toujours bien orchestrées. Ainsi, la description du dispositif policier mis en place pour trouver l'assassin se termine par une descente de police dans un bouge, qui enchaîne naturellement sur la réunion des malfrats, inquiets que l'un des leurs se soit fait arrêté.


Et le jeu des acteurs... De Schränker, effrayant et fascinant avec son regard clair et son long trench noir, à Lohmann, le commissaire bonhomme et rusé, dont je ne peux pas croire qu'il n'est pas été une des inspiration du commissaire Maigret. Et enfin, Hans Beckert, le meurtrier, tour à tour effrayant, pathétique, monstrueux, fou, émouvant, son air de petit garçon mal-aimé se transformant en bête furieuse éructant son mal. Un des plus beaux jeux d'acteurs que j'ai vus...
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Popila
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MessageSujet: Re: Akina présente : M le maudit, de Fritz Lang   Sam 14 Jan - 16:36

Merci pour cette présentation très détaillée et très attractive, Akina !

Cela fait longtemps que j'entends parler de ce film ; les thèmes m'ont m'air riches, et la mise en scène et le jeu des acteurs (en particulier Peter Lorre) assez fascinants. Shocked

Apparemment, ce film bien qu'ancien a su garder beaucoup de puissance et reste d'actualité !

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Emjy
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MessageSujet: Re: Akina présente : M le maudit, de Fritz Lang   Sam 14 Jan - 17:16

Magnifique présentation, Akina !

Même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque, je n'ai toujours pas vu ce film. J'essaierai de le découvrir dans les prochaines semaines, j'ai vu qu'il était disponible à la médiathèque Wink

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MessageSujet: Re: Akina présente : M le maudit, de Fritz Lang   

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