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 E Carrère

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MessageSujet: E Carrère   Dim 5 Sep - 9:49

je viens de terminer rapidement **un roman russe** d'Emmanuel Carrère, ce n'est pas un roman mais une autofiction!!! Je dirai 3 livres imbriqués: un secret de famille qui n'en ai pas complètement avec un cri d'amour filial; une histoire d'amour et d'érotisme;le 3° une vision très pessimiste de la Russie des années 2000.

Il faut rappeller que < Maman > est secretaire perpétuel de l'Académie française.

Un livre intéressant que l'on ne quitte plus une fois ouvert.
Qui l'a lu?? Il vient d'être éditer en poche
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JO
Bookworm
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MessageSujet: Re: E Carrère   Mar 21 Sep - 13:37

Je ne l'ai pas lu mais on m'en a dit du bien !
je ne connais La Classe de Neige qui a gagné pas mal de prix. J'avais aimé mais sans plus.
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MessageSujet: Re: E Carrère   Lun 15 Aoû - 23:21

Emmanuel Carrère compte parmi les (rares) écrivains contemporains de langue française qui ont réussis à m'intéresser durablement à leurs oeuvres, surtout en considérant les accointances que son oeuvre (excepté peut-être ses deux derniers ouvrages) peuvent avoir avec des genres que je connais assez bien. Emmanuel Carrère, l'auteur reconnu d’une littérature dites « blanche » mais zébrée de traits colorés, de lignes brisées, proprement…fantastiques.

Car cet écrivain m'intéresse d'autant plus qu'il semble avoir trouvé (et je doute que ce soit par calcul) un compromis intéressant entre l’éternel antagonisme qui sépare souvent en France - davantage dans l’esprit des medias que dans celui du public - la « vraie » littérature de celle qui touchent aux genres de l'Imaginaire que l'on nomme fantastique ou science-fiction ou encore littérature conjecturale pour faire snob. Bref, sous couvert d’une littérature tous publics et de couvertures bien sobres qui rassurent le lecteur peu habitué à fréquenter les contrées souvent suspectes de ces genres, Emmanuel Carrère ne se prive pas pour en utiliser certains concepts/postulats de même que citer parmi ses références plutôt Richard Matheson que André Gide.

Et le thème le plus récurrent chez lui, c’est le basculement ou encore le déphasage entre l’individu et son environnement. Et, par extension, le rapport entre réalité et illusion, santé mentale et schizophrénie, vérité et affabulation. Hors, ces thèmes alimentent depuis longtemps le fantastique et la science-fiction. Dick n’écrivait pas autre chose, bien que de manière très différente et au sein d’une politique éditoriale bien plus balisée et contraignante. Christopher Priest non plus.
La distorsion du réel et de la perception (La moustache, La classe de neige, L'adversaire), la réflexion sur la relativité de l’Histoire (son essai sur l’uchronie Le détroit de Behring le questionnement sur l’écriture ou la relation entre le créateur et sa création dans un de ses premiers romans, Bravoure qui évoque d'ailleurs en passant la genèse de Frankenstein) sont ainsi quelques thèmes développés par l'auteur et souvent utilisés dans les genres qui s'écartent d'une littérature plus "naturaliste". Carrère a tissé la majorité de son oeuvre sans trop se préoccuper des figures imposées du mainstream (vie quotidienne : mes amis, mes amours, mes emmerdes…) tout en étant pourtant bien publié dans des collections de littérature générale.

Et si un seul mot devait figurer au frontispice de la bibliographie de l’auteur français, ce serait cette fameuse Incertitude qu'il partage avec Philip K. Dick et auquel il a consacré une excellente biographie qui fait autorité : Je suis vivant et vous êtes morts.

La plupart de ses personnages perturbés d'Emmanuel Carrère s’y débattent douloureusement : le personnage de La moustache, Philip K. Dick dans Je suis vivant et vous êtes morts, le jeune Nicolas dans La classe de neige, Victor dans L’amie du jaguar, les protagonistes de Bravoure, Jean-Claude Romand dans L’adversaire. Ils ont tous un sérieux problème avec cette réalité consensuelle à laquelle ils opposent leur distorsion et leur capacité étonnante à proposer des alternatives illusoires à un réel inacceptable ou qu’ils sont incapables d’intégrer, même si cela doit les consumer en bout de parcours : Romand et son mensonge à l’échelle d’une existence toute entière, Dick et son éternel jeu de conjectures philosophiques et théologiques qui est autant l’expression d’un mal de vivre manifeste, Nicolas et ses fantasmes morbides, Frédérique et son immersion masochiste dans le monde du jeu de hasard (Hors d’atteinte ?), Victor et son art du rêve, etc… Et avec Le Détroit de Berhing, c’est l’Histoire toute entière (ou du moins certains de ses embranchements) qui est niée, révisée, par des écrivains préférant lui imposer leur version revue et corrigée, soit par jeu une fois encore, soit (de manière plus symptomatique) par un besoin d’oublier, le temps d’un tour de passe-passe spéculatif, leurs déceptions, bref leur refus d’une réalité souvent perçue avec difficulté et angoisse .

Un sujet riche, troublant, et qui dégage une force émotionnelle qui, sous la plume précise et rigoureuse de Carrère, ne tombe jamais dans les travers du pathos excessif. Il trouve toujours le moyen de faire comprendre et ressentir au lecteur la situation du personnage - réel ou fictif - sans se poser en juge.

Ajoutons que l'originalité et la force de cet auteur est que, quelque soit le genre d'écrit qu'il choisit (roman, biographie, récit, essai, exercice de style), il parvient toujours à leur insufler une véritable dimension romanesque.
Bref, selon l'expression consacrée (et qui n'est en rien péjorative dans son cas), "ça se lit comme un bon roman".

L’Adversaire, qui relate l’histoire de Jean-Claude Romand avec une pudeur exemplaire qui désamorce le sensationnalisme qui entache souvent le fait-divers criminel pour le hisser au niveau une tragédie existentielle déconcertante, est probablement son ouvrage qui m'a le plus durablement marqué.

Mais je conseillerais également, à ceux/celles qui ne les auraient pas lu, La moustache et La classe de neige qui figurent parmis ses meilleures réussites, ainsi que la biographie de Dick même à ceux qui n'éprouve d'intérêt ni pour l'auteur en particulier ni pour la SF en général. Car il s'agit avant tout du portrait passionnant d'un écrivain hanté par ses obsessions.
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